
- Hors agglomération, le casque attaché est obligatoire (article R412-43-1 du Code de la route).
- Depuis le 7 août 2026, casque + gilet réfléchissant obligatoires à toute heure à Paris et en petite couronne.
- Amende de 135 € pour défaut de casque en zone obligatoire, cumulable avec 35 € sans gilet réfléchissant.
- Casque à choisir avec marquage NF EN 1078, à remplacer tous les 5 ans ou après un choc violent.
En France, le casque n’est obligatoire à trottinette électrique que dans deux cas précis : hors agglomération, en application du Code de la route, et dans les villes ou départements couverts par un arrêté préfectoral ou municipal spécifique. Partout ailleurs en agglomération, il reste une simple recommandation, sans base légale nationale qui l’impose.
Depuis le 7 août 2026, un arrêté préfectoral impose justement ces protections à Paris et en petite couronne, dans un contexte de hausse des blessés graves en EDPM constatée par l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR). Une dizaine d’autres départements ont pris des arrêtés similaires depuis le printemps 2026, avec des montants d’amende qui varient d’un territoire à l’autre.
Cet article fait le point sur les obligations locales et nationales pour t’aider à rouler en toute légalité : ce que dit le Code de la route hors agglomération, ce que changent les arrêtés préfectoraux en ville, et comment bien choisir ton casque.
- Casque trottinette électrique obligatoire : le point sur la loi en 2026
- Villes et départements où tu risques l’amende sans protection
- Amendes et sanctions : ce que ça te coûte vraiment
- La vérité du terrain : bien choisir ton casque pour le bitume
Casque trottinette électrique obligatoire : le point sur la loi en 2026
En 2026, le casque est obligatoire hors agglomération, en application de l’article R412-43-1 du Code de la route, ainsi que dans une dizaine de départements et grandes villes par arrêté préfectoral ou municipal distinct. L’amende forfaitaire s’élève à 135 euros (contravention de 4e classe), sanctionnant un risque réel de traumatisme crânien, même à 20 km/h.
La règle nationale du Code de la route hors ville
L’article R412-43-1 du Code de la route est clair. Hors agglomération, tu dois porter un casque attaché. C’est une obligation stricte sur les voies autorisées.
Le casque réduit concrètement le risque en cas de choc, mais l’étude distingue plusieurs indicateurs de gravité qu’il ne faut pas confondre entre eux : selon l’étude de biomécanique « Têtes vulnérables » (ICube/Université de Strasbourg pour l’ONISR, 2017), un cycliste heurtant à 15-25 km/h la portière d’une voiture qui s’ouvre brusquement à l’arrêt voit son risque de fracture du crâne divisé par deux avec casque (soit environ 50 % du risque encouru sans casque), et son risque de traumatisme crânien léger divisé par vingt (soit moins de 5 % du risque sans casque) — deux catégories de lésion distinctes dans l’étude originale, à ne pas résumer en une seule mesure homogène. En collision latérale avec un véhicule roulant à 45 km/h, le port du casque fait passer le risque de fracture du crâne de 100 % à 37 %, un bénéfice qui s’amenuise fortement au-delà de cette vitesse selon les mêmes travaux. Ces chiffres portent sur des cyclistes équipés d’un casque vélo, faute d’étude EDPM équivalente publiée par l’ONISR à ce jour, mais l’ordre de grandeur du bénéfice reste transposable à la trottinette.
L’article R412-43-1 impose le casque hors agglomération sur les voies autorisées. Le non-respect entraîne une amende de 135 €.
Vérifie toujours les dérogations locales et le port du casque avant de partir rouler loin des centres-villes : chaque préfecture fixe ses propres règles, sur une base juridique que plusieurs juristes jugent fragile en l’absence de texte national.
Le tournant réglementaire du 7 août 2026
L’arrêté préfectoral n°2026-00969, signé le 7 août 2026 par le préfet de police, change la donne à Paris et en petite couronne : il impose le casque et un gilet ou équipement rétro-réfléchissant à tout conducteur d’EDPM, à toute heure. Il ne s’agit pas d’un décret national : aucun texte de portée nationale n’oblige le casque en agglomération, chaque préfet agissant sur son seul pouvoir de police (voir plus bas pourquoi cette base juridique est contestée). Le texte de l’arrêté est consultable sur le site de la préfecture de police.
Pourquoi ces arrêtés restent juridiquement fragiles
Contrairement à une loi votée par le Parlement, un arrêté préfectoral ou municipal s’appuie sur le pouvoir de police générale du préfet ou du maire, et non sur une disposition du Code de la route qui l’habiliterait explicitement à imposer un équipement individuel supplémentaire aux usagers de la route. Le Code de la route relève d’une compétence nationale ; Maire-Info relève qu’aucun texte ne prévoit expressément qu’un préfet ou un maire puisse, par arrêté local, créer une telle obligation d’équipement en l’absence de décision du législateur national.
Concrètement, cela ouvre une voie de contestation que peu d’usagers utilisent : comme tout acte administratif, un arrêté casque peut faire l’objet d’un recours gracieux auprès du préfet, ou d’un recours contentieux devant le tribunal administratif territorialement compétent, dans un délai de deux mois suivant sa publication (article R421-1 du Code de justice administrative). Le juge y contrôlerait la proportionnalité de la mesure au regard de l’accidentalité locale invoquée pour la justifier. À la date de publication de cet article, aucun arrêté casque EDPM n’a été annulé ou suspendu par un tribunal administratif d’après les informations rendues publiques : l’incertitude juridique reste donc entière tant qu’aucun texte national ne vient combler ce vide.
Sur les douze mois glissants arrêtés au 8 juin 2026, le baromètre ONISR de mai 2026 recense 83 décès en EDPM (+43 % sur un an) et 1 300 blessés graves (+32 %) ; ce chiffre glissant ne doit pas être confondu avec le bilan définitif de l’année civile 2024, où l’ONISR comptait 44 tués en EDPM sur les 12 mois calendaires. Cette accidentalité en hausse est l’argument central que les préfets invoquent pour justifier leurs arrêtés.
Tous les EDPM sont visés par ce texte. Trottinettes, monoroues et gyropodes partagent désormais le même cadre sécuritaire.
| Zone | Obligation Casque | Amende |
|---|---|---|
| Paris / Petite Couronne (arrêté n°2026-00969) | Oui (depuis le 07/08/26) | 135 € |
| Hors agglomération (national) | Oui (Code de la route) | 135 € |
| Autres villes (sans arrêté local) | Recommandé | 0 € |
Reste vigilant sur toute la réglementation trottinette électrique en 2026 pour éviter les sanctions lors de tes trajets quotidiens.
Villes et départements où tu risques l’amende sans protection
Au-delà de la règle nationale hors agglomération, la géographie compte : le casque est obligatoire ou non selon le département, avec des arrêtés préfectoraux distincts, des dates d’entrée en vigueur différentes et, parfois, des montants d’amende différents.
Le casque est obligatoire par arrêté préfectoral ou municipal distinct à Paris, dans le 92, 93 et 94, en Seine-et-Marne, dans les Yvelines, dans les Alpes-Maritimes, dans l’Yonne, en Vaucluse et dans les cinq départements des Hauts-de-France (Nord, Pas-de-Calais, Aisne, Oise, Somme) — soit une quinzaine de zones au total à ce jour, chacune avec sa propre date d’entrée en vigueur et son propre régime de sanction (détails ci-dessous), une liste amenée à s’allonger au fil des prochains arrêtés locaux.
Paris et la petite couronne sous haute surveillance
À Paris et dans les trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne), l’arrêté n°2026-00969 impose le casque et un équipement rétro-réfléchissant à tout conducteur d’EDPM, sans limitation d’horaire — contrairement à la règle nationale hors agglomération, qui ne vise que la nuit ou la faible visibilité pour le gilet (arrêté du 24 juin 2020).
L’amende est de 135 € pour le défaut de casque et de 35 € pour l’absence d’équipement rétro-réfléchissant, cumulables en cas de double infraction.
Les autres zones rouges à connaître absolument
D’autres départements ont suivi le mouvement parisien, avec leurs propres arrêtés et parfois des montants d’amende différents :
| Département | Casque + gilet | Amende casque | En vigueur depuis | Source |
|---|---|---|---|---|
| Alpes-Maritimes | Oui | 35 € | 02/04/2026 | Préfecture 06 |
| Seine-et-Marne | Oui | 35 € | 03/07/2026 | Préfecture 77 |
| Yonne | Oui (en agglomération) | 35 € | 01/06/2026 | Presse locale |
| Vaucluse | Casque seul | 35 € | 01/07/2026 | Préfecture 84 |
| Somme | Oui | 35 € | 23/07/2026 | Préfecture 80 |
| Aisne | Oui | 35 € | 01/08/2026 | France 3 Hauts-de-France |
| Oise | Oui | 35 € en agglomération / 135 € hors agglomération | 18/06/2026 | La Gazette France |
| Nord | Oui | 35 € | 01/09/2026 | Préfecture 59 |
| Pas-de-Calais | Oui | 35 € (jusqu’à 150 € en cas de passage au tribunal de police) | 01/09/2026 | Préfecture 62 |
| Yvelines | Oui (toute heure, y compris sur les pistes cyclables) | Jusqu’à 150 € par équipement manquant | 15/09/2026 | Préfecture 78 |
Ces arrêtés sont indépendants les uns des autres et de celui de la préfecture de police : chacun a sa propre date d’entrée en vigueur et son propre régime de sanction. Une trentaine de communes ont par ailleurs pris des arrêtés municipaux équivalents (dont Nîmes, Compiègne, Amiens, Maubeuge ou Conflans-Sainte-Honorine), recensés par Maire-Info. Avant de rouler dans un département ou une ville que tu ne connais pas, vérifie l’arrêté local en vigueur — la règle n’est pas harmonisée au niveau national à ce jour.
Amendes et sanctions : ce que ça te coûte vraiment
Le non-respect de ces règles expose à plusieurs amendes distinctes, cumulables en cas de contrôle.
Le tarif salé du non-port du casque en zone obligatoire
L’amende forfaitaire est de 135 euros pour le défaut de casque dans une zone où il est obligatoire, au titre d’une contravention de quatrième classe.
La procédure de verbalisation suit le régime classique de l’amende forfaitaire, avec avis de contravention remis sur place ou envoyé par courrier.
En cas d’infractions multiples, ta trottinette risque l’immobilisation. Les forces de l’ordre peuvent saisir ton engin. Renseigne-toi sur l’assurance trottinette électrique obligatoire prix pour éviter les frais.
Les autres prunes liées à ton équipement de sécurité
L’absence de gilet ou d’équipement rétro-réfléchissant coûte 35 euros, une obligation nationale la nuit ou par faible visibilité (arrêté du 24 juin 2020), et à toute heure à Paris et en petite couronne. Rouler sans assurance responsabilité civile est un délit puni d’une amende pouvant atteindre 3 750 euros devant le tribunal (article L324-2 du Code de la route), le plus souvent réglée en pratique par une amende forfaitaire délictuelle de 500 € (750 € avec la majoration de 50 % au profit du Fonds de garantie des assurances obligatoires), selon le barème officiel publié par service-public.fr (2026).
La vitesse est bridée à 25 km/h par construction (article R311-1 du Code de la route) : au-delà, l’engin change de catégorie réglementaire (immatriculation, permis, assurance spécifique). Rouler avec une trottinette débridée expose l’utilisateur à une amende de 135 euros (contravention de 4e classe), avec immobilisation et confiscation possibles du véhicule (article R317-23-1 du Code de la route). Le professionnel qui débride ou vend un EDPM débridé risque une sanction bien plus lourde : jusqu’à 1 an d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende (article L317-1 du Code de la route).
| Infraction | Montant de l’amende | Risque complémentaire |
|---|---|---|
| Défaut de casque | 135 € | Immobilisation de l’engin |
| Absence de gilet | 35 € | Risque d’accident accru |
| Défaut d’assurance | Jusqu’à 3 750 € | Saisie et délit pénal |
| Débridage (usage) | 135 € | Immobilisation, confiscation possible |
| Circulation sur trottoir | 135 € | Mise en fourrière |
La vérité du terrain : bien choisir ton casque pour le bitume
Au-delà des sanctions, le choix du casque conditionne directement l’efficacité de la protection en cas de chute.
Les normes de sécurité indispensables pour être en règle
Le marquage CE et la norme NF EN 1078 sont la référence pour les casques de cycliste et d’utilisateur d’EDPM, selon la DGCCRF : cette norme fixe les exigences d’absorption des chocs et de résistance du système de rétention (jugulaire). Un casque sans ce marquage n’offre aucune garantie de résistance aux chocs testée.
Côté budget, compte à partir d’environ 30 euros pour un casque bol NF EN 1078 basique chez les enseignes de sport généralistes comme Décathlon, et plutôt entre 50 et 100 euros pour un modèle avec visière intégrée ou ventilation renforcée — une fourchette usuelle estimée en boutique, pas un relevé de prix figé.
Remplace ton casque tous les 5 ans ou immédiatement après un impact violent, même sans dégât visible.
Le choix entre casque bol et casque vélo classique dépend surtout de ton usage (voir comparatif ci-dessous). Retrouve les modèles compatibles dans notre sélection de la meilleure trottinette électrique.
L’erreur du casque mal attaché ou inadapté
Ta protection doit être parfaitement ajustée à ton crâne pour jouer son rôle. Les sangles ne doivent pas flotter sous ton menton.

Règle la molette arrière pour un maintien stable : le casque ne doit pas basculer en avant.
Retiens l’essentiel : hors agglomération, le casque est une obligation nationale ; en ville, tout dépend de l’arrêté préfectoral ou municipal de ta zone. Dans le doute, porte un casque certifié EN 1078 et un gilet rétro-réfléchissant — la seule protection qui fonctionne dans toutes les zones, avec ou sans arrêté.
FAQ
Est-ce que le casque est devenu obligatoire pour rouler en trottinette en 2026 ?
Oui, mais seulement dans certaines zones. Hors agglomération, le casque attaché est une obligation stricte au titre de l’article R412-43-1 du Code de la route. En ville, tout dépend de l’arrêté préfectoral ou municipal de ta zone : c’est le cas depuis le 7 août 2026 à Paris et en petite couronne, et dans une quinzaine de départements et communes au total à ce jour (liste complète plus haut dans l’article).
Un point que beaucoup de guides oublient : même en trottinette de libre-service (Lime, Dott, Tier), l’obligation locale s’applique de la même façon, et les opérateurs ne fournissent en général pas de casque avec le véhicule — c’est à toi de l’apporter si tu roules dans une zone concernée.
Quelle amende je risque si je roule sans casque, et comment la contester ?
Dans une zone où il est obligatoire, le défaut de casque coûte 135 euros (contravention de 4e classe), cumulables avec 35 euros si tu n’as pas non plus ton gilet rétro-réfléchissant.
Si tu penses avoir été verbalisé à tort, tu peux contester l’avis de contravention en ligne sur service-public.gouv.fr (plateforme ANTAI), dans un délai de 45 jours à compter de l’envoi de l’avis.
Un casque prêté, partagé ou acheté d’occasion protège-t-il aussi bien qu’un casque neuf ?
Pas forcément. Un casque n’encaisse un choc fort qu’une seule fois : sa mousse interne peut être écrasée sans fissure visible sur la coque, ce qui le rend inefficace au prochain impact sans que tu puisses le voir de l’extérieur. Un casque prêté ou d’occasion dont tu ne connais pas l’historique des chocs perd donc sa garantie de protection, même s’il porte le marquage NF EN 1078.
Le partage pose aussi un problème d’ajustement : un casque réglé pour un autre crâne ne protège pas correctement, quelle que soit sa qualité.
Un casque de moto ou de ski peut-il remplacer un casque de trottinette ?
Non, même s’il protège globalement mieux la tête. Chaque norme teste des chocs différents : la norme EN 1078 des casques vélo/EDPM cible les chutes à faible vitesse typiques d’un cycliste ou d’un utilisateur de trottinette, la norme ECE 22-06 des casques moto teste des impacts à plus haute énergie, et l’EN 1077 des casques de ski des chocs contre la neige ou la glace. Un casque moto ou ski est en général plus lourd et moins ventilé, sans avantage réel en usage urbain. Pour rester dans le cadre prévu par la réglementation trottinette, utilise un casque marqué EN 1078.